5 novembre 2022

LES CRÊPES.

LES TESTS DE CONSOMMATION DES TRACTEURS DEUTZ

Dans les années 1970, les cultivateurs prenaient conscience de la dépense générée par la consommation de leur tracteur en carburant. La marque DEUTZ, commercialisée par la société où nous étions les heureux démarcheurs, Dédé, Bernard et moi, se voulait être la plus performante, question consommation carburant.

Cette marque avait organisé sur le plan national, des démonstrations d’économie d’énergie pour se justifier de sa réputation, celle des tracteurs les plus économiques sur le marché.

Il nous incombait, nous les hommes de terrain, d’organiser ces démonstrations dans nos secteurs de travail. Nous devions convaincre les agriculteurs de bien vouloir mettre à notre disposition des terrains, où nous pourrions exécuter des travaux de labours afin de faire le constat de la véracité de notre publicité, je passe sur la façon dont se sont déroulées ces démonstrations.

La majeure partie de ces manifestations s’est réalisée de façon très sérieuse, mais il me reste en mémoire deux de ces démonstrations, une à Neuvy-le-Roy, dans le secteur de Bernard où j’étais allé en renfort comme il était prévu, la seconde dans mon secteur.

Si le déroulement de ces tests s’est déroulé, on ne peut plus sérieusement sur les champs de travail, le soir après avoir « plié les gaules », il en était autrement. Deux soirées mémorables méritent de rentrer dans mes histoires.

Ce jour-là, un cultivateur, Monsieur Pouillard, homme bon vivant, le verbe haut, voisin du terrain où se déroulait notre expérience, ce quidam prit part à nos palabres d’une façon exubérante et me lance une invitation à sa cave. Le prenant au mot, nous nous sommes retrouvés, une bonne partie des participants, à cette réunion, soit une vingtaine de personnes sur le chemin de la cave contiguë à la ferme de notre hôte. Celui-ci tout en verve continuait son babillage, voyant son entrain, je suggère :

– Pendant que nous y sommes, si nous faisions des crêpes ?

Enthousiasme général, d’un pas décidé, nous arrivons dans la cour de la ferme et là, notre fier-à-bras, se montre enthousiaste, en nous offrant simplement un verre dans sa cave pensant que nous nous contenterions de ce verre, c’était sans compter sur ma détermination :

– Non ! Non ! Nous sommes ici pour une soirée crêpes ! Soirée crêpes, il y aura !

Il faut croire que les paroles de ce Monsieur avaient dépassé sa pensée en ne me refusant pas clairement mon vœu, et de ce fait, il se trouvait dans une situation inconfortable, ne connaissant pas la réaction de son épouse quand elle verrait cette invasion. Comme échappatoire, il donna un alibi, il était impossible de faire des crêpes, il n’y avait pas de lait. Bien mal lui en a pris de tenir ces propos, car au moment de cette reculade verbale, la maîtresse de maison sortait de l’étable avec un seau de lait, produit de la traite du soir.

M’approchant de cette dame, je l’informe du motif de notre invasion, lui disant, nous sommes ici pour faire des crêpes, sa réponse fut instantanée :

– Tant mieux, car il y a au moins quarante ans que je n’en ai pas mangé.

Elle m’a secondée en mettant à ma disposition tout ce dont j’avais besoin pour réaliser la pâtisserie.

Voilà comment un soir, nous nous sommes retrouvés autour d’une table improvisée, moi en cuisinier faisant des crêpes pour le plaisir de cette bande de joyeux lurons.

Bien entendu, cette dégustation se transforma en repas, complétés des produits de la ferme.

Boissons, comme il va de soi, comprises.

À suivre deux histoires du même genre.

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