
Comment ne pas dérouler le tapis devant ces événements concrétisant ces situations qui me réjouissent en me fournissant de quoi alimenter ma collection d’histoires plus ou moins croquignolesques ?
Je vais inverser l’ordre du déroulement des anecdotes qui vont suivre. La première est de nouveau au goût du jour ; elle a été partagée le 11 mars 2023(HISTOIRE DE CENTENAIRES N°2), relatant la rencontre d’un centenaire et de ma personne dans le jardin des Prébendes.
Avec ce monsieur, j’ai créé une relation des plus simples, puisque je passe devant sa maison régulièrement lors de mes déambulations afin de nous ravitailler quotidiennement en pain.
Mes visites ne sont pas ponctuelles ; je frappe suivant mon humeur. Voilà comment, un matin, en voulant bavarder avec notre homme, je me suis retrouvé dans une situation critique.
Suite aux trois coups qui devaient avertir l’habitant de ma visite, j’attends, par expérience ; compte tenu de l’ancienneté de notre hôte (103 ans), sa mobilité n’est plus celle de ses vingt ans.
Je m’inquiétais un peu. Notre homme avait bougé ; un bruit entendu venant de l’intérieur me confortait dans la preuve qu’une présence se déplaçait derrière la porte. Sachant que l’intéressé ne se déplaçait pas alertement, j’attendais patiemment, avec quand même une certaine appréhension ; tout s’est arrangé quand il a ouvert la partie vitrée de l’huis.

Toutefois, je ne pouvais pas voir que mon vis-à-vis était agité. Il m’a passé son trousseau de clés, car il n’arrivait pas à utiliser l’objet qui devait actionner la serrure. Rien de plus facile pour moi que d’ouvrir la porte.
En entrant dans la pièce de réception, j’ai remarqué qu’un des coins du tapis était replié, ce qui m’a tout de suite donné l’explication du comportement fébrile du personnage. Je n’ai pu m’empêcher de faire une mise en garde :
— Monsieur ! Vous vous êtes pris les pieds dans le tapis.
Il m’a répondu évasivement ; j’ai cru comprendre qu’il s’était retrouvé assis dans un fauteuil situé au bon endroit, mais notre conversation n’est pas allée plus loin.
Ma réaction a été des plus vives :
— Sachez, monsieur, que je ne franchirai plus votre seuil tant que les tapis seront là. Si vous étiez mon père, je me passerais de votre consentement.
Bien sûr, je n’ai pas tenu ma parole ; par contre, je m’arrange toujours pour lui rendre visite en choisissant les heures où les femmes de service sont présentes.
Sans ce qui va suivre, pas d’histoire.
Il a fallu qu’un dimanche matin, alors que je parcourais le marché, place Rabelais, comme toujours, un marchand de tapis m’interpelle pour me proposer une de ses carpettes. Il ne m’en fallait pas plus pour « vider son sac », dans un langage pince-sans-rire.
— Monsieur, vous ne vous rendez pas compte, regardez-moi bien : j’ai dépassé les 80 ans ; à mon âge, les tapis devraient être supprimés dans les logements occupés par les octogénaires.
Nous nous sommes évidemment quittés en bons débonnaires.

Fouin de diktat l’Ancien ! Exception faite il va de soi pour les Tapis Volants, qui ne sauraient assurément pas entrainer pareille mésaventure au Pèlerin Saint Voyageur, déjà prosterné en son pieux périple vers l’Orient ! FR
Rafraîchissant ce chemin qui serpente au milieu d’une nature verdoyante. Une compensation avec l’environnement et l’atmosphère actuelle.
Quant au sujet principal de ton anecdote, pourquoi n’interdire qu’aux octogénaires l’usage de ces accessoires moelleux et confortables qui tapissent nos sols ?
Compte-tenu de l’état de la Nation, dette, sécurité, immigration, santé, et cætera, c’est vraisemblablement jour après jour, et sans doute depuis longtemps que nos élus se prennent les pieds dans le tapis. Donc …