Un samedi matin rocambolesque !
Ce qui devait être un samedi banal fut tout autre. Ces manifestations, des plus réjouissantes, me donnent matière à alimenter mon manque d’imagination.
Mon rituel de badaud baguenaudant dans les allées des marchés de quartier me donne l’occasion de croiser nombre de consommateurs remplissant leurs paniers de victuailles étalées sur les étals des commerçants, qu’il s’agisse de produits locaux ou de marchands de quatre-saisons.
Mes déambulations s’agrémentent de rencontres plus ou moins banales. Ce samedi matin, je croise une amie de Danièle qui avait travaillé avec elle il y a plus de soixante ans. Cet événement n’a rien de fortuit : comme moi, elle apprécie ce genre de flâneries. Elle est généralement accompagnée de son époux, un personnage assez énigmatique à mes yeux, qui assistait à nos babillages en qualité d’accompagnateur.
Allons-y maintenant avec le motif de mon histoire.
Pour une raison absente de ma mémoire, ce vendredi, veille de ma rencontre avec l’héroïne de ce récit, la future instigatrice de cette anecdote fut l’objet d’une conversation. Nous avions évoqué le souvenir d’une soirée dansante partagée avec les collègues de Danièle il y a plus de soixante ans.
Au cours de notre échange, la maman de mon interlocutrice s’est invitée de la plus belle des façons dans nos souvenirs. Cette dame possédait un talent remarquable pour la couture, ce qui m’a toujours impressionné. Aujourd’hui, je profite de cette opportunité pour partager un aperçu de ses œuvres.
Sachez que mes histoires se doivent de satisfaire la curiosité de ma descendance si, comme moi, elle souhaite connaître le vécu de ses aïeux.







Fin de l’aparté, revenons à notre histoire.
La couturière avait confectionné les robes de sa fille ainsi que celles de quelques invitées, entre autres celle de mon aimable déambulatrice. Elle avait également réalisé sa robe de mariée. Les photos ci-dessus illustrent quelques réalisations de cette ancienne petite main.
Je précise ne pas être exhaustif. Lorsque je suis ébahi, j’éprouve beaucoup de plaisir à partager mon admiration. À présent que le décor est posé, je vous emmène vers un nouveau hasard.
Comme relaté au début de cette histoire, nous avions évoqué cette fameuse soirée dansante. Ma stupéfaction fut exacerbée lorsque, après nos salutations, elle me lança :
— Devine qui m’a contactée avant-hier ? Mon cavalier de la soirée dansante d’il y a plus de soixante ans ! Il a joint à son message une photo de lui et de moi. Je portais alors une robe créée par ta belle-mère.

Je suis décidément incorrigible. Ma nature est tellement conditionnée par ces hasards qui ont agrémenté, et agrémentent encore, ma vie. Pour justifier cette appréciation, il me faut ajouter l’événement qui va suivre.
Sur le chemin du retour, au lieu de rentrer directement, j’ai changé d’itinéraire. En prenant cette décision, j’étais loin de me douter du bonheur que m’apporterait ce changement de direction. Hasard… encore lui ?
Sur ce trajet nouvellement emprunté se trouve un bistrot dont la terrasse est aménagée avec des tables afin d’augmenter sa capacité d’accueil.
Quelle surprise en arrivant aux abords du lieu : comme un diable jaillissant de sa boîte, un homme me saute au cou en m’embrassant et m’apostrophe d’un :
— Bonjour, tonton !
Ce quidam n’était autre qu’un neveu vivant à Vierzon, à qui je louais un appartement il y a plus de trente ans, le temps de ses études. Dire que nous ne nous sommes pas revus serait faux. En revanche, le hasard a voulu que cette rencontre se produise à cinq minutes près.

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La dextérité de la couturière (1918-2012), Son art au service des légendes.
Passeurs de légendes (@passeursdelegendes)
