26 avril 2026

LES OPPORTUNITÉS

Encore une fois, comment je fais feu de tout bois pour satisfaire mon ego ?

Il me faut bien trouver des sujets pour continuer dans mes narrations du dimanche matin. Mais, il arrive ce moment où mes souvenirs, pouvant être relatés, sont épuisés. Alors, pour ne pas m’avouer vaincu, je provoque les événements présents, sans affabuler, et je m’emploie à transcrire ces instants de grâce qui viennent agrémenter mon quotidien.

Un office qui se devait solennel m’a comblé de la plus belle des façons. Une payse de mon village étant partie pour l’au-delà, des liens familiaux indirects refaisaient surface : pour des raisons circonstancielles, papa s’était retrouvé, à l’âge de onze ans, petit berger dans l’exploitation agricole de cette famille.

La défunte était née durant cette période, ce qui avait tissé entre nos deux familles une forme de relation, une symbiose, bien que sans lien de parenté. Nous, les enfants, entretenions des contacts naturels avec les fermiers du lieu-dit la Graffinière.

Une bizarrerie, comme j’aime vivre, est venue agrémenter ces instants pourtant solennels.

L’office religieux, comme il se doit, s’est déroulé dans cette église qui m’a laissé tant de souvenirs.

Aujourd’hui encore, à chaque célébration, en franchissant la porte de cet édifice, témoin d’instants profondément ancrés en moi, je me surprends à me demander : combien de fois ai-je franchi le seuil ?

De sept à quatorze ans, j’ai servi ces offices comme enfant de chœur. Puis, même après, je n’ai pas immédiatement cessé mes visites dominicales. Il a fallu quelques années pour que ce rituel s’efface progressivement.

Revenant à ce récit, et pour en expliquer la raison. Je connaissais parfaitement le déroulement de la cérémonie à laquelle nous allions assister. Je devais donc, comme il était d’usage, me conformer aux règles établies afin d’assurer le bon déroulement du cérémonial.

Connaissant toutes les phases ponctuant les funérailles, lors de mon entrée dans le lieu saint, je me suis surpris en dérogeant à un réflexe : me rendre à la place réservée au nom de maman. À vrai dire, ma réaction n’était pas innocente.

Suite à mon appréciation du nombre de personnes qui sont venues accompagner Élisabeth, j’ai pris la décision de bifurquer pour me placer en haut de la nef nord. Connaissant le processus à suivre pour quitter la maison de Dieu à la fin de l’office, un ordre organisé se doit d’être respecté. Fort de mon expérience, je devais me placer au pied de l’autel consacré à Saint-Cyr et à Sainte Judith, les Saints patrons de notre église pour sortir,.

Les maîtres de la cérémonie avaient pour mission d’organiser dans l’ordre l’évacuation du site. Du fait de mon stratagème, je suis sorti dans les premiers.

Ce que je ne savais pas, c’est que ma décision ne serait pas vaine. Elle m’a permis de vivre un moment de joie (« merde aux pisse-vinaigre »).

Un office digne de ce nom, qui, pour le pratiquant que j’étais, m’a surpris par le sentiment de bien-être qui m’a habité tout au long de la cérémonie. Pour dire vrai, au temps de ma servitude, les célébrations ne me semblaient pas des plus courtes.

Installé au pied de la statue, protégé par un pilier qui m’isolait d’une assistance pourtant très nombreuse, n’ayant dans mon champ de vision que l’officiant, je me suis retrouvé, presque naturellement, dans mon ancien rôle de servant comme expliqué plus haut.

Que de souvenirs… Comme tous mes camarades à cette époque, nous assistions le prêtre célébrant l’office du matin à huit heures moins le quart avant de nous rendre à l’école. Cette obligation nous incombait à tour de rôle. L’hiver, par les grands froids, nous nous retrouvions seuls avec le curé dans cette bâtisse non chauffée, éclairée au minimum. Quand je dis que nous étions seuls, c’est faux : une paroissienne ne manquait jamais de communier.

Notre présence comme enfants de chœur, Jean et moi, dans notre tenue de cérémonie en 1959 lors de la bénédiction-commémoration pour immortaliser la construction du futur logis familial.

Cerise sur le gâteau : en attendant la sortie des fidèles comme prévu, j’ai salué des personnes non revues depuis des décennies, un personnage est sorti du lot, il m’a interpellé avec un :

• « Bonjour Géo Trouve-tout » en me racontant comment son père lui parlait de « l’ASSEMBLAGE ».

Ce monsieur aujourd’hui disparu n’était autre que le charpentier qui m’avait convaincu, s’il en était besoin, de faire les démarches afin de protéger ma trouvaille.

Je lui avais exposé ma situation, notamment la demande de l’institution en charge de mon dossier, qui m’imposait une nouvelle démarche, aléatoire et coûteuse, suscitant chez moi une certaine réticence.

Convaincu des approbations de son père, il m’a proposé de participer au financement de mon aventure.

Une fois encore, je ne peux me taire, il me faut commenter encore tous ces hasards, « mes fidèles dadas » qui se sont manifestés à plusieurs reprises avec la disparue et son mari.

Selon les affirmations de ce couple, pour ma part, je ne suis sûr de rien, cependant, pour eux, il s’est avéré qu’ils ne pouvaient venir à Tours sans me rencontrer. Une certitude ? Je ne peux que croire leurs dires et pourtant nos croisements se sont concrétisés dans des quartiers sans affluence au nord comme au sud de la ville.

Je prenais beaucoup de plaisir lors de ces bavardages, hasards ou non ? Merci.

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