
Partons pour une tranche d’histoire ignorée, à ma grande surprise, par cent pour cent des personnes interrogées.
Il m’a fallu attendre la veille de mes 82 ans pour obtenir une réponse à une question que, finalement, je ne m’étais jamais vraiment posée… Quoique. Depuis toujours, un certain flou flottait dans mon ciboulot.
Sans surprise, les avancées sociales de 1936, comme tout un chacun, je ne pouvais que les vénérer. Hier soir, le 21 mai 2026, un documentaire sur le Front populaire a résolu cette énigme latente.
Je ne me suis jamais vraiment interrogé sur les événements insurrectionnels de 1936. Ceux-là, je les connaissais à travers les acquis sociaux qu’ils ont apportés à la classe ouvrière.
Tous ces chambardements nous ont été inculqués dans les écoles de la République. Ma stupéfaction n’a d’égale que mon ignorance. Merci pour cette mise au parfum.
Quand les commentateurs ont expliqué, sans concession, la contre-révolution de 1938, ils ont éclairé ma lanterne. Cette révélation a comblé une lacune parmi bien d’autres. Le « primaire » que je suis ne comprenait pas toutes ces charges d’une grande violence menées par les brigades à cheval contre les émeutiers.
Les articles qui suivent sont le résultat de mes recherches.
« La fin de “la semaine des deux dimanches”, soit le retour aux 48 heures, généra une forte opposition populaire et syndicale, avec grèves et manifestations. La répression qui s’ensuivit, avec licenciements massifs et nombreuses arrestations, marqua la fin du Front populaire et affaiblit considérablement les effectifs du Parti communiste. »
Une lourde répression s’abat alors sur la classe ouvrière. Thorez en fait lui-même le bilan :
« 40 000 licenciés dans l’aviation, 32 000 lock-outés chez Renault (avec réembauchage individuel), des dizaines de milliers à Levallois, Colombes, Argenteuil, Courbevoie, Clichy, Saint-Ouen, 100 000 à Marseille (une centaine d’usines métallurgiques sont fermées), 100 000 dans le textile, 80 000 mineurs dans le Nord et le Pas-de-Calais. »
Cinq manifestants furent tués sur le coup. Les 3 mai et 14 juillet 1938, un sixième manifestant ainsi qu’un garde républicain décédèrent des suites de leurs blessures. Parmi les victimes : Solange Demangel, membre des TPPS et de la Gauche révolutionnaire, Marcel Cerutti, Victor Mangemann, Archerchour et Chrétien (non retenus dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier).
Ceci dit, je me suis demandé si j’étais le seul à ignorer cet état de fait.
Le pourquoi de ma petite enquête ? Je n’ai pas été déçu. Les personnes qui, comme moi, connaissaient les bienfaits des revendications des grévistes de 1936 ignoraient totalement la révolte de 1938.
Le résultat de mon enquête s’est avéré unanime chez tous ces octogénaires de mon entourage, à un ou deux ans près :
— Sophie, Bénédicte, Sabine, Isabelle, Meï, Marie-Thérèse, Amélie
— Théo, François, Michel, Charlie, Jean-Lou, Jean-Yves, Nicolas
Comme vous pouvez le constater, j’ai tenu compte de la parité.
Époque oblige !