
La chance de pouvoir satisfaire ma volonté de continuer mes visites du dimanche matin est remise au hasard. Pour cela, il me faut aller chercher des événements insolites pouvant être narrés cette semaine. J’étalerai bientôt ma pingrerie, qui m’a permis de me soustraire à une « opération », dans les deux sens du terme.
Quand j’ai relaté mon histoire de « La Rétine », publiée le 13 juin 2026, je ne pensais pas revenir sur ces pages, mais le destin en a voulu autrement. Avant ma sortie de l’hôpital, j’avais pour consigne de reconsulter mon ophtalmologue dans un an.
Respectant cette recommandation, j’ai fait le nécessaire. Je me suis rendu chez cet homme. Après m’avoir fait passer entre les mains des techniciennes qui ont contrôlé je ne sais quoi, je me suis retrouvé devant le docteur en titre. Il m’a annoncé qu’une intervention chirurgicale était nécessaire afin d’opérer mon œil droit de la cataracte. Il me fallait passer à son secrétariat pour obtenir un devis sur le coût de l’intervention et fixer un rendez-vous dans le but de déterminer le jour de l’opération.

Tout cela était dit d’un ton débonnaire, en précisant qu’il y aurait un dépassement d’honoraires, sans plus de détails, si ce n’est que ma mutuelle prendrait en charge la majoration.
Tout confiant, je me rends vers la secrétaire qui, comme prévu, me prépare un dossier en me donnant pour consigne de contacter l’anesthésiste de la clinique pour qu’il me prépare avant l’intervention chirurgicale.
Le suspicieux que je suis ne peut que présumer que, lui aussi, va me ponctionner un dépassement d’honoraires.
Avant tout, j’ai attendu la réponse de ma mutuelle, qui m’a confirmé le non-remboursement de ces surplus.
J’envoie mon dossier à l’assurance pour connaître la marche à suivre. Pour mon déplaisir, ils m’ont répondu que je ne serais pas remboursé de ces dépenses.

Pour pallier ce désarroi, avant de donner mon aval à ces deux prescripteurs, il m’est revenu en mémoire qu’à ma sortie de l’hôpital, le docteur qui m’avait opéré m’avait dit qu’en cas de douleurs, il ne fallait pas tarder à consulter en passant par le service des urgences.
Fort, de cet état de fait, en malin que je suis, je me transporte auprès de mes anciens soignants avec l’intention de les bluffer en prétextant une douleur non ressentie. Ils ont cru à mon subterfuge. Je leur ai demandé, pendant que j’étais entre leurs mains, d’ausculter mon autre œil.
Comme réponse, ils m’ont avisé que c’était automatique : ils jetèrent un coup d’œil sur l’autre globe après avoir terminé l’examen.
J’ai eu droit au rapport du travail exécuté :
— Tout va bien, vous avez toujours un peu de cataracte sur votre œil droit, mais pas de progression anormale du mal depuis l’an dernier.
— Ne serait-il pas propice de pallier cette défectuosité préventivement en pratiquant une intervention dans les plus brefs délais ?
Une réponse complètement inattendue m’a surpris.
— Mais monsieur, sachez qu’une intervention chirurgicale n’est jamais bénigne. Quand on en arrive à ce dénouement, il faut que cela soit jugé impératif.
Merci madame de m’avoir ouvert les yeux. Je ne porterai pas de jugement sur le comportement de ces médecins, mais quand même, ne seraient-ils pas un peu mercantiles ?
Pour terminer cette histoire, je me suis empressé, avec bonheur, d’annuler mes deux rendez-vous. Pour le fesse-mathieu que je suis, un vrai bonheur !
Comment faire par ces temps qui courent, et que penser de la cupidité de ces personnages qui ont souscrit au serment d’Hippocrate ?
SERMENT D’HIPPOCRATE
Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.
J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu (e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.