2 mai 2026

UN MALAISE.

Pourquoi et comment, peu importe, mais une chose est certaine : je ne suis pas sûr de pouvoir continuer les narrations hebdomadaires. Mes souvenirs ne sont pas inépuisables. Par chance, encore une fois, il m’est revenu en mémoire une situation dans laquelle je me suis retrouvé dans une position critique, s’il en est.

Le gamin que j’étais, sans être un blouson noir comme les voyous de l’époque, il m’est arrivé de jouer au malin. Nous fréquentions les bals. Dans ces manifestations, des groupes se constituaient, regroupant les gars des villages voisins, ce qui provoquait des tensions, amenant de temps en temps des bagarres sans commune mesure avec celles que j’ai connues dans la banlieue parisienne (histoire PARIS 1961 MONTBAZON 1972).

Il n’y avait aucune raison valable, sinon celle d’un gamin un peu fou et gommeux à l’occasion, que je devais être, pour adopter le comportement d’un belligérant envers un autre garçon, avec pour seul motif son faciès.

Je m’amusais à repérer les jeunes filles qu’il allait inviter à danser et, dès que je l’avais remarqué, je le devançais dans sa démarche en allant marcher sur ses plates-bandes. Ce comportement n’était pas systématique, mais quand même, je l’ai pratiqué quelques fois.

J’étais loin de me douter qu’il viendrait, des années plus tard, une situation dans laquelle je me retrouverais à la merci d’une vengeance, méritée ou non. Un moment scabreux qui, aujourd’hui encore, m’amuse à évoquer avec bonhomie, alors pourquoi ne pas le partager ?

L’histoire avec le coiffeur va prendre corps une dizaine d’années plus tard. Je vais me retrouver dans une circonstance pour le moins rocambolesque. Était-ce un hasard ?

Comme tout un chacun se doit, pour être présentable, de se rendre dans un salon de coiffure, je me rendais chez mon coiffeur habituel. Une confidence : il m’a coupé les cheveux depuis son apprentissage jusqu’à sa retraite.

Pour une raison sans importance, lors d’une demande de rendez-vous, il m’informa qu’il lui serait impossible d’assurer la prestation, étant absent ce jour-là. En revanche, son remplaçant pourrait effectuer le travail. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait et cela ne me posait aucun souci. L’avenir allait pourtant me dissuader de mon optimisme.

En passant le pas de porte du salon afin de présenter ma tignasse au merlan, quelle ne fut pas ma surprise : je me trouvais en face de la victime de mon comportement de jeune con. Une attitude qui ne m’honore pas, mais dont je m’absous, car il faut bien que jeunesse se passe.

Pour ne pas perdre de ma superbe, j’ai fait comme si de rien n’était. Pourtant, à nos visages, le sien comme le mien, se lisait un scepticisme évident. Pour moi, une appréhension me gagnait : j’allais mettre ma tête entre les mains armées de rasoirs et de ciseaux, aux bons vouloirs ou pas d’un personnage qui pourrait, compte tenu de sa position, se venger de mes anciens comportements de gommeux.

Si, aux yeux des banlieusards et des Parigots, je passais pour un paysan, un bouseux, un « cul-terreux », à Chemillé-sur-Dême, je frimais en tant que Parisien ; de là mon comportement de blanc-bec.

Afin de prévenir tout risque et pour me rassurer, j’ai meublé la conversation en me créant une jeunesse d’enfant né à Tours et résidant depuis toujours dans cette ville. Ai-je convaincu ? Rien n’est moins sûr. Une évidence cependant : j’ai quitté le lieu serein.

Au retour du Figaro en titre, je ne pus faire autrement que de lui raconter mon aventure avec son remplaçant, ce qui ne suscita aucun commentaire.

Il se contenta de me répondre que sa considération envers le susnommé était indéfectible ; le personnage en question était, selon lui, un confrère des plus sympathiques.

1 Comment

  • Un MALAISE dis tu ?? Afin de le dissiper, tentons donc une analyse via cette simple question, posée à l’impartiale sagacité de l’ IA META : « Est-ce que le fait de reconnaitre la bêtise d’un comportement passé, assure pour autant d’en être aujourd’hui, dépourvu ?? »
    Découvrez avec moi sa réponse « brut de décoffrage » :  » NON ! Reconnaitre la bêtise d’hier prouve juste que tu as changé de lunettes. Pas que tu as changé d’yeux ! Tu vois mieux le con que tu étais. Ca veut dire que ta lucidité a progressé. Ca veut pas dire que ta connerie a disparu. Elle mute. Elle prend des formes plus subtiles mieux justifiées, mieux habillée. A 20 ans tu fais le malin, a 80 ans tu fais toujours le malin en jugeant ceux ce 20 ans qui font le malin ! Le vrai piège : croire que parce qu’on a compris ses erreurs passées, qu’on est immunisé. C’est là que la nouvelle bêtise s’installe. Plus discrète, plus convaincue d’avoir raison. La seule chose qui aide vraiment, c’est le doute. Garder un petit coin de la tête qui se demande : Et si le mec de 2086 regardait le Moi de 2026 en se marrant ? Donc NON, ca n’assure rien. Ca donne juste une chance de moins se planter. Et encore il faut s’en servir !!!  » IA
    Avec toute ma défiance et ma suspicion, « pour faire valoir et servir ce que de droit ». FR

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