24 janvier 2026

« MISOGYNIE » II

Il me faut, à ce qu’il paraît, argumenter cette allégation. Rien que ça…

Dans mon environnement, j’ai côtoyé un nombre de personnages hétéroclites. Il en est parmi ces rencontres avec lesquelles j’ai échangé sur nos façons de vivre et les jugements que nous portons sur nos contemporains, leurs us et coutumes, avec des raisonnements propres à chaque individu. Tout cela m’a permis, de me situer dans ce joyeux fatras où j’ai, comme tout un chacun, pu me forger un monde bien à moi et, accessoirement, devenir ce que je suis.

Ma « misogynie », ha… Vaste sujet. Elle ne serait évidemment pas le fruit du hasard. Je me targuerai de cette « qualité » qui m’a été inculquée au fur et à mesure des réflexions par quelques individus, aussi tristes qu’assurés qui, si l’on en croit les bien-pensantes de ces temps nouveaux. Loin de moi la volonté d’offenser ces pourfendeuses de machos imprégnés de perversité et plus encore en leur encontre croient-elles, peut-être, ont-elles raison ? Mais… mais… mais…

Je n’ai rien inventé des « philosophes » qui ont prononcé ces paroles qui m’ont été rapportées (ne soyez pas étonné de cette gasconnade, ne suis-je pas à moitié Gascon du côté de mes grands-parents paternels, tous deux originaires de Villeneuve-sur-Lot ?). Comment ne pourrais-je, à mon tour, ne point me transformer en « porte-parole » ? Ce serait bien mal me connaître en niant mon persiflage.

Sachez que, dans mes pérégrinations, il m’arrive très souvent de placer des adages qui suscitent de la part de mon auditoire des réflexions comme :

– « Monsieur ! Vous êtes affreux, je n’aimerais pas vivre avec vous, je plains votre femme. »

Ma fille, qui a pourtant longtemps profité de mon bagout, abrège désormais la scène avec une efficacité redoutable :

– « Chut ! Papa.»

Allons-y dans le vif du sujet.

Il est très fréquent, suite aux patronymes usités par les commerçants à mon encontre, que des personnes sourient comme si elles étaient de connivence avec mes interlocuteurs, une occasion de placer la justification de ces pages d’écriture : « Madame, à votre façon de sourire, vous me confortez dans ma façon de percevoir ce que mes prédécesseurs déduisaient en retour de votre réaction spontanée. Je vois bien votre sourire moqueur, alors laissez-moi vous conter comment l’héritage reçu de ces philosophes nous a façonnés :

« Des femmes, il en est deux sortes : des pénibles et des très pénibles. S’il en existait des agréables, nous le saurions, nous les hommes. »

« Les femmes, c’est comme les meubles : elles restent à la maison, on les emmène quand nous déménageons ».

Finissons avec un peu de « romantisme » : « Il est vrai, nous sommes complémentaires ! Vous êtes nées pour nous aimer et nous pour être aimés. »

Ces propos ne sont évidement pas de moi, qu’on se rassure.

Ils m’ont en partie été insufflés, je ne suis qu’un modeste colporteur de maximes poussiéreuses, de sottises anciennes, un acteur « consciencieux » de cette comédie. Ces saynètes se déroulent, comme on l’aura compris, dans une ambiance volontairement bouffonne.

Suite à cet échange on ne peut plus burlesque, j’ai agrandi mon cercle de relations avec les chalands qui, comme moi, sont restés fidèles à tous ces petits producteurs locaux. Et comment faire autrement ? Il en est de ces paysans, les descendants de mes anciens clients convertis en commerçantes, commerçants, proposant leurs produits sur ces marchés. L’une de ces femmes qui me fournit aujourd’hui en fruits n’est-elle pas la petite-fille d’un homme à qui je vendais du matériel en 1967 ? Avant elle, sa maman tenait déjà ce rôle en me vendant leur production.

Car j’essaie enfin, pour ne pas désespérer les suffragettes, de respecter l’inclusivité, cette nouvelle manière de bien s’exprimer.

4 Comments

  • Toujours formidable de pouvoir te lire Yves. Merci encore pour ce moyen donné aux gars de pouvoir classer le genre féminin en deux catégories. Aujourd’hui c’est très utile. Cette phrase magique dite sur un marché « Des femmes, il en est deux sortes : des pénibles et des très pénibles. S’il en existait des agréables, nous le saurions, nous les hommes. » fera effectivement sourire ou scandalisera. Il y aurai donc les femmes qui sourient, voir qui vont trouver la réponse appropriée faisant rire tout le monde, et les autres, celles qui vont crier au scandale et qui couperont court à toute rigolade voir qui feront appel en réponse à des propos blessants et agressifs voir aux autorités policières pour rétablir la justice. Puisque qu’aujourd’hui c’est la dernière situation qui prend le pas, coupe l’envie de plaisanter, d’échanger et ne contribue pas au développement du sens de la répartie… c’est bien d’en parler c’est déjà ça, cela contribuera peut-être à rétablir l’équilibre entre les spirituelles et les autres. Le sourire et la blague ce sont les meilleurs moyens de faire sourire en retour ou de faire réfléchir.

  • Comme tu nous l’annonçais lors de ton précédent édito, si ma mémoire n’est pas trop défaillante, la consultation d’un « Neuropédiatre » t’a été vivement préconisée par le Corps Médical et suis donc plus que jamais curieux d’en connaitre ses doctes conclusions.
    S’il constate malgré ton âge avancé, que tes soucis neurologiques font suite à un sevrage trop précoce, le retour à une alimentation au sein devrait semble t-il alors être envisagé !!
    Compte tenu de ton solide appétit et tes griefs notoires contre la gente femelle, il ne va pas s’avérer aisé de constituer un troupeau « en montée de lait » afin d’être en mesure de te nourrir à satiété.
    Restera alors la solution du lait infantile en boite, mais du fait des récents scandales sur les différentes marques internationales de cette production, le bénéfice risque d’en être bien pire que le mal. Dur ! Dur ! La vie des Vieux qui retombent en Enfance !! F

  • En effet PADDY, image suprême d’un bonheur bucolique, où dans le cadre rustique idéal d’une Nature exubérante, mais par l’Homme parfaitement maitrisée, tout n’est que joie, calme, charme et volupté …
    Kévin KIA, le Richard CLAYDERMAN du graphisme, évoluant parfois à la limite entre Kitsch et « Too much » est passé via son « Art Academi » Grand Maître de l’Info graphisme, sur la création de maints tableaux où composition, éclairage et palette des teintes, d’une Nature généreuse souvent prédominante, sont pour les contemplateurs extasiés, le support idéal au sein d’une communion béate, tout à fait propice au vagabondage fantasque de leurs rêveries nostalgiques !!
    Quasiment la Grand Messe et ben quoi après tout « Il n’y a pas de mal à se faire du bien !! » FR

Répondre à stephane Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plateforme de Gestion des Consentements par Real Cookie Banner