Donnons à César ce qui appartient à César, mais point trop n’en faut. Encore une fois, je vais convier à cette histoire ce que j’attribue aux événements comme des hasards. Comme il me faut faire feu de tout bois pour continuer mon bavardage, c’est pourquoi toutes ces occasions sont prises en vol.
Pour changer, parlons du destin, celui qui fait bien les choses et qui, par bonheur, tombe au bon moment.
Le malin que je suis n’est pas toujours des plus attentionnés. Il m’arrive de vivre des mésaventures qui me feraient bien rire si je n’étais pas le dindon de la farce. Mais puisqu’il faut rire de tout, je me réjouis à l’idée que ce que je raconte puisse faire naître sur vos visages quelques mimiques réjouies, ne serait-ce qu’un sourire : j’aurais alors gagné la partie.
Ce mardi matin du 13 janvier 2026 fut ainsi agrémenté de la plus belle des manières, avec des rebondissements aussi imprévus que fortuits. Danièle devait se rendre à l’hôpital pour une intervention chirurgicale. En toute logique, je devais me transformer en « ambulancier », ce que je fis.
Après que j’ai conduit Danièle à bon port, je me suis empressé d’appeler l’ami JLL pour l’informer du temps libre qui nous était imparti afin que nous puissions profiter de l’occasion : nous pouvions faire traverser notre maison avec sa commande : le poulailler en pièces détachées.

Jusque-là, rien que de très normal. Sans ce qui va suivre, d’ailleurs, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes.
Un événement imprévu est venu créer une situation aussi rocambolesque que désagréable, qui, si aujourd’hui j’en ris encore, me plongea dans un court mais intense moment de suspense.
Dans mon emploi du temps, il était prévu que mon ami prenne possession de sa commande avec son véhicule. Pour ce faire, je veillais attentivement aux places de stationnement matérialisées dans notre rue. La chance m’a souri : une voiture est partie juste devant notre porte.
Dans l’empressement pour ne pas être doublé dans mon intention de récupérer cet emplacement, je sors illico en tenue d’intérieur avec l’intention de placer une poubelle le temps de ma prise du stationnement.
Ce que je n’avais pas prévu : la porte entrouverte, avec un bruit caractéristique, profita d’un courant d’air pour se refermer, me laissant pantois sur le trottoir, sans aucun moyen de pénétrer dans notre logis, habillé en tenue d’intérieur, rien dans les poches, en savates, les bras ballants.
Un moment de désarroi qui s’est vite transformé en un vaudeville, riant de ma superbe qui allait en prendre un coup. Pour ce qui est des voisins, rien à espérer : les maisons sont vides, leurs professions les occupent. L’ancien agent immobilier que je suis est un habitué des serrures. J’ai pensé qu’il me fallait trouver une clef semblable à celle de la photo. Ce genre de petit instrument a le pouvoir de manœuvrer beaucoup de pênes du même concept.

Beaucoup d’anciennes maisons sont encore nanties de portes similaires. Fort de ce savoir, je suis allé sonner chez une voisine, une femme au foyer d’une grande courtoisie avec laquelle nous avons des relations de bon voisinage. Je lui ai rendu de petits services en peaufinant des petites breloques qu’elle confectionne pour des œuvres caritatives. Ma requête fut de lui demander d’inspecter ses trousseaux de clefs, en espérant trouver mon bonheur. Tout en cherchant, j’ai expliqué mon désarroi. Cette conversation, qui avait pour but l’ouverture de l’huis, est devenue un échange sur la raison de l’intervention chirurgicale de Danièle.
C’est grâce à cette dame qui, quand elle m’a demandé dans quel établissement la patiente était en soins…
Allez savoir pourquoi, moi le malin cité plus haut, n’y avais pas pensé plutôt. Il a fallu qu’une femme vienne à mon secours : comment ne pas la remercier avec beaucoup de gratitude ?
C’est en prononçant le nom de l’hôpital Bretonneau que ma vis-à-vis m’a confondu : mais comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Nous sommes à un quart d’heure du centre hospitalier en marchant vite.

Un hic : ma tenue. Mais ce jour-là, une bonne fée semblait décidée à me confondre dans l’assurance du « misogyne » que je m’amuse parfois à singer. Et, comme de juste, Danièle avait naturellement dans son sac un trousseau…
Suite à cet échange, ma bienfaitrice ne m’a pas laissé le choix : elle m’a jeté la veste d’un de ses fils sur les épaules et m’a embarqué dans sa voiture pour me conduire dans le service où j’avais accompagné mon épouse plus tôt le matin.
Quand j’ai raconté mon ânerie à ces dames en blouses blanches, elles m’ont avisé du départ de la patiente au bloc opératoire, mais qu’une d’entre elles se chargerait de ma personne afin que je puisse récupérer l’objet de mon désarroi, qui se trouvait dans le sac à main rangé dans la chambre.
Grâce à toutes ces femmes qui se sont mises en quatre pour me sortir de ce mauvais pas, il me faut admettre que sans leurs maestrias, ma situation aurait pu s’éterniser bien plus longtemps. Je préfère ne pas imaginer combien de temps j’aurais erré en savates, méditant sur les dangers du courant d’air.
Merci Mesdames !

Misogyne à 80 ans ? Ça s’appelle surtout avoir peur de femmes trop intelligentes 😉 »
quel plaisir !
merci
rien a rajouter aujourd’hui…
sauf mon amitié
Une mésaventure plaisante avec le recul et qui finit bien. Nous ne pouvons qu’acquiescer à ta conclusion, « Merci Mesdames ».
Et peut-être, en devenir, de futures anecdotes lorsque les pièces détachées du poulailler seront assemblées. Car bien des comportements à observer autour des volatiles locataires de ce poulailler : une poule qui sort gratter les fleurs du jardin « dès qu’on avait ouvert la porte », une autre qui concocte dans son nid des œufs carrés, une troisième qui explique à sa voisine que passer du coq à l’âne … c’est une expression, et cætera, et cætera.