10 janvier 2026

PARLER POUR NE RIEN DIRE.

J’en connais qui vont trouver à redire, mais ceux-là, je les connais bien. Je suis persuadé qu’il en est parmi vous qui, pour s’exprimer, vont employer un langage châtié comme : « Qu’il se taise, qu’il ferme son claquoir ou son clapet ». Les plus sectaires, eux, vont s’exclamer :
— Mais pourquoi il dégoise ? En espérant le silence.

Ils me connaissent bien mal ! Je ne peux me résoudre au silence. Il me faut prouver ma présence avec un rien. Aujourd’hui, c’est au silence que je tords le cou. Ne dit-on pas : un silence de plomb ? Il peut être aussi pesant, et même mortel.

Comment ne pas être abasourdi par ces silences assourdissants ? Comment peut-on continuer à exister contre tous les bruits, vacarmes, tapages ou chuchotement qui en veulent à ce qui devrait être la quiétude ? Peut-on mesurer le silence ? Peut-on l’évaluer ?

Un célèbre humoriste, dans un de ses sketchs, parlait d’une publicité d’une marque de lessive vantant son nouveau produit. Il nous démontrait ainsi qu’il était impossible de laver plus blanc que blanc.

« Le fameux « plus blanc que blanc » qui reste, aujourd’hui encore, une limite indépassable. Comment, en effet, vendre une nouvelle lessive en expliquant qu’elle lave mieux que la précédente, qui déjà lavait parfaitement bien ? »

Ne voulant pas cesser de vous retrouver les dimanches matin, je vais essayer de vous distraire en vous occupant avec des mots ce matin.

Pour débuter dans mon aventure, comme il est écrit plus haut, je vais blablater tout simplement en espérant vous distraire, pour tenter d’annihiler ce silence qui devrait s’imposer étant donné mon manque d’imagination.

Il existe des personnages pouvant écrire en imaginant et en donnant vie à des héros sortis de leur imagination. Moi, pas ! Par contre, je ne voudrais pas rompre mon rendez-vous hebdomadaire en vous imposant un silence.

Quoique… pour imager le silence, on dit tout un tas d’adjectifs, ce qui devrait être impossible. Et malgré tout, il existe tellement d’antonymes qui nous montrent qu’il est presque palpable, concret, etc.

Qui a entendu le silence de la mer ? Une chose est certaine : son élément essentiel sans lequel il n’existerait pas est pourtant l’eau. Les cascades, les clapotis, la pluie… dans leurs mouvements, brisent le mutisme avec des vents ronflants de la plus belle des façons.

En musique, les silences sont d’une importance capitale et, là encore, ils se mesurent.

Je m’efforce donc de combler ces silences qui s’imposeraient sans ma péroraison. La semaine prochaine, j’espère pouvoir raconter quelque chose de vécu, de concret.

Un silence, même s’il se mesure, ne s’image pas ? Et pourtant si. Des peintres ont bien œuvré en donnant vie à des vagues qui, sur les rochers, font un tel fracas que nous les entendons.

un silence, même s’il se mesure, ne s’illustre pas ?

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2 Comments

  • Grand Merci pour cet agréable moment au sujet du silence…….Et puis tu as parlé de  » La Mer  » qui est
    si précieuse mon coeur.

    Bonne apres- midi

  • Encore une fois je te surprends en pleine mystification, quand tu nous affirmes ne pas avoir d’imagination ! En effet comme tes lecteurs peuvent ici le constater, tu viens de nous présenter deux entités fondamentales et parfois antagonistes : le Bruit et le Silence!
    En effet pendant que face à mon écran je lisais tes paroles un peu bruyantes sur le sujet, régnait dans mon bureau un silence troublé uniquement du bruit de ma respiration et celui de la molette de ma « souris » pour dérouler ton texte, soit tout au plus quelques mini décibels.
    Rien à voir avec la pression acoustique, on n’est donc pas obligé de s’exprimer bruyamment par des paroles, le fait d’écrire des mots ou dessiner des idées, s’il donne à l’auteur l’impression de rompre son propre silence, troublerait également celui de son correspondant et tout cela sans aucun bruit !
    Comme pour caractériser la Température, il y aurait donc un Bruit « ressenti » des textes et des images, facteur de multiples critères, d’évidence selon leur contenu, mais surtout du relationnel et du vécu (genre, âge, éducation, état d’esprit ..) du correspondant qui les reçoit.
    D’évidence la Vie ne se conçoit généralement pas sans bruits, ainsi souvent via radio ou télé, paroles musiques ou jingles sont présents afin de meubler les silences désœuvrés trop pesants de la vie courante, pour créer l’ambiance ad hoc d’un évènement, atteignant jusqu’à son paroxysme pour ensorceler les jeunes adeptes des festivals « musicaux » Rock et tutti quanti .
    A contrario, pour d’aucuns ce silence insupportable seul ou en compagnie, engendre le néant, la mort ; pour d’autres dont je fais partie, c’est la page blanche propice aux rêves et à la réflexion. Quant à celui sidéral ou intergalactique où Vie et décibel ne font plus la loi, mon grand âge m’en approche chaque jour, mais ai bien peur le moment venu, de ne pouvoir vous en retransmettre exactement la vacuité !!
    D’ici là et afin de ne pas perturber votre silence dominical, je me retire en douce, sur la pointe des pieds … FR

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