19 mai 2024

UN POISSON ROUGE

Il ne me suffit de presque rien pour me retrouver devant la tablette à taper sur les touches de celle-ci. Ce mercredi 15 mai 2024, un événement qui s’est déroulé il y a deux ou trois ans, a resurgi dans ma mémoire en revenant du centre-ville, sur le pont enjambant la pièce d’eau, ornement du jardin des Prébendes, la nounou de nos petites voisines.

En bavardant avec la baby-sitter, il m’est revenu une histoire assez cocasse relative à un poisson d’ornement en rapport avec ses employeurs et leurs filles. Je pense qu’il n’est pas beaucoup de familles qui échappent à la possession du poisson rouge tournant dans un bocal.

Le cas de nos voisins, les parents de la petite fille présente sur le pont. Avoir un animal de compagnie quel qu’il soit, il faut, le temps des absences de plusieurs jours, trouver une tierce personne chargée de l’entretien de la bête. Je fus la personne investie de cette tâche par nos voisins lors d’une escapade de plusieurs jours.

Rien de bien contraignant : lui balancer quelques miettes de farine de poisson quotidiennement et changer l’eau de temps en temps. Il est vraisemblable que je ne suis pas un aquaculteur accompli. Un matin, mon ide flottait le ventre en l’air. De ce fait, il n’avait plus besoin de ma visite, celle-ci n’avait plus lieu d’être. Ne pouvant le laisser en suspension dans son élément, je pris la décision de me débarrasser de ce poisson mort. La solution la plus simple, n’étant pas ému plus que ça par la disparition de mon protégé (Hé oui ! j’ai beaucoup maltraité les animaux inertes de ce genre, ne serait-ce que les sardines à griller).

Comme solution, j’ai décidé de le renvoyer à la mer par ce qui me paraissait le plus facile : la voie des égouts. Ne pouvant pas passer, compte tenu de sa corpulence, par les évacuations autres que la cuvette de WC, il me suffisait de tirer la chasse et hop, la chose était terminée ; ce que je fis !

Cette aventure aurait pu en rester là. Pour les parents, une simple explication aurait suffi, mais il y avait les bouts de choux, lesquels auraient été malheureux à leur retour, de ne pas retrouver leur petit compagnon silencieux. Comment leur expliquer ce départ ? C’est pourquoi j’ai pris la décision de remplacer l’animal par un congénère. Pensant que les anciens propriétaires ainsi que leur petite fille n’en verraient que du feu de ce remplacement, comment reconnaître un poisson d’un autre poisson ? Il suffit de choisir, c’est ce que j’ai fait.

La première animalerie fut la bonne. Après avoir acquis le sosie de Nono, installé dans le bocal, je m’apprêtais à sortir, je me suis alors rendu compte que la porte des WC était restée entrouverte. M’approchant de l’huis pour la refermer, voilà-il pas, que mon regard tombe sur la cuvette. Rien d’anormal, le poisson mort flottait toujours le ventre en l’air dans la retenue d’eau, au fond de l’élément en faïence. Il faut croire que j’avais raté l’immersion du poisson. Illico, j’ai pallié ma bévue en réitérant mon geste de la veille. Cette fois-ci, après vérification, j’ai quitté les lieux.

Je souris encore en me rappelant un moment des plus comiques, en imaginant la tête des vacanciers à leur retour, constatant la présence des deux poissons, car comme je l’espérais, ils ne se sont pas aperçus du subterfuge. Par contre, nous avons bien ri à ma narration de la mésaventure du poisson.

1 Comment

  • Toujours aussi fécond dans l’art de récupérer les miettes de la vie, pour nous en accommoder une rutilante épopée …
    Ici le Grand Chef, pas chiche de ses tours de mains, d’un modeste carassin doré, nous mitonne une somptueuse bouillabaisse, c’est gratos, régalez-vous les Amis !!! FR

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